Un peptide avalé rencontre d'abord les enzymes digestives, qui le découpent en morceaux. Dans une étude chez l'humain, une dose de GHRP-6 prise par voie orale, dix fois plus forte que la dose nasale, n'a modifié ni l'hormone de croissance, ni l'ACTH, ni le cortisol. La même molécule donnée par le nez a élevé l'hormone de croissance toute la nuit. Voici ce qui a été mesuré pour quatre voies d'administration, et pourquoi les flacons de notre boutique se dissolvent au lieu de se boire.
Pourquoi le tube digestif est-il difficile pour un peptide ?
Un peptide est fait d'acides aminés liés de la même façon que les protéines d'un repas. Les enzymes protéolytiques le traitent donc comme un aliment et le dégradent. Le second obstacle est la faible perméabilité de la paroi intestinale aux molécules de cette taille. Ces deux limites sont citées dans une revue de la pharmacocinétique du sémaglutide parue en 2024, qui explique pourquoi sa forme orale a exigé une technologie à part.
C'est ce qui façonne tout le marché des peptides. L'injection est la voie par défaut, et toute autre voie doit prouver que quelque chose atteint le sang.
Qu'a montré l'étude qui a comparé trois voies pour la même molécule ?
Le Journal of Neuroendocrinology a publié en 1999 un travail sur le GHRP-6 chez de jeunes hommes en bonne santé. Il comparait des gélules gastro-résistantes avalées à 21 h, l'administration nasale et l'administration sublinguale à 22 h 45, chacune contre placebo. La dose orale était de 300 microgrammes par kilo de poids corporel, les deux autres de 30 microgrammes par kilo.
| Voie | Dose | Ce qui a changé |
|---|---|---|
| Orale, gélule gastro-résistante | 300 microgrammes par kilo | hormone de croissance, ACTH et cortisol inchangés |
| Sublinguale | 30 microgrammes par kilo | tendance à la hausse de l'hormone de croissance pendant la première moitié de la nuit |
| Nasale | 30 microgrammes par kilo | hausse significative de l'hormone de croissance toute la nuit |
La conclusion des auteurs est prudente, et nous la reprenons telle quelle : l'effet dépend de la dose, du moment et de la voie. Une dose orale dix fois plus forte n'a pas reproduit ce qu'a fait une petite dose nasale.
Le nez fonctionne-t-il aussi bien pour tous les peptides ?
Un travail distinct paru dans Xenobiotica en 1998 a mesuré l'absorption nasale chez le rat, pour cinq sécrétagogues à la fois. La biodisponibilité de l'ipamoréline par voie nasale a été estimée à environ 20 pour cent, et celle du GHRP-2 et de deux molécules expérimentales à environ 50 pour cent. Le GHRP-6 était moins bien absorbé qu'eux.
La même étude montre une différence d'élimination. L'ipamoréline quittait l'organisme surtout par les urines, et le GHRP-6 surtout par la bile, avec une clairance plasmatique cinq fois plus élevée. Ce sont des données animales, et nous ne transposons pas ces chiffres à l'humain. La comparaison des molécules elles-mêmes figure dans le guide sur le GHRP-2, le GHRP-6, l'ipamoréline et l'hexaréline.
Combien coûte le passage par l'intestin pour le sémaglutide oral ?
Le sémaglutide est le seul analogue du GLP-1 disponible sous deux formes, injectable et à avaler. La revue de 2024 indique une biodisponibilité de la forme orale de 0,8 pour cent dans les conditions de prise recommandées. L'absorption est plus rapide qu'après injection, mais nettement plus variable.
La demi-vie reste la même quelle que soit la voie, environ une semaine. La forme orale se prend pourtant chaque jour, et la forme injectable une fois par semaine. Notre boutique ne propose que des flacons de poudre lyophilisée, comme l'indique la page de la substance sémaglutide.
Sous-cutané ou intramusculaire ?
Pour les peptides injectables, il reste le choix du tissu. Une étude parue dans Fertility and Sterility en 1991 a administré 5 000 UI de gonadotrophine chorionique à vingt-quatre hommes en bonne santé, pour moitié par voie sous-cutanée, pour moitié par voie intramusculaire. Après l'injection sous-cutanée, le pic de concentration arrivait plus tard et la demi-vie était plus longue.
La réponse de la testostérone, de la LH et de la FSH a été identique dans les deux groupes. Les auteurs ont jugé la voie sous-cutanée aussi efficace. Les chiffres pour les autres substances sont réunis dans le guide sur la demi-vie des peptides.
Qu'est-ce que cela change pour un flacon de notre boutique ?
Chaque produit du catalogue est une poudre lyophilisée, à dissoudre avant usage. Nous ne vendons ni gélules, ni gouttes, ni sprays nasaux, car aucune donnée ne justifie ces formes pour ces molécules. La seule exception de forme concerne les stylos prêts à l'emploi, décrits à part.
Le peptide pour lequel la question de la voie revient le plus souvent est le BPC-157. Le guide sur le BPC-157 par voie orale ou en injection y répond. La dissolution elle-même est décrite dans le guide pour reconstituer un peptide avec de l'eau bactériostatique, et l'offre complète figure dans la liste des prix.
Questions fréquentes
Peut-on avaler un peptide ?
Les enzymes digestives le dégradent comme les protéines d'un repas. Dans l'étude sur le GHRP-6, la dose orale n'a modifié aucune des hormones mesurées.
L'administration nasale fonctionne-t-elle ?
Pour le GHRP-6, oui : une petite dose nasale a élevé l'hormone de croissance toute la nuit. La biodisponibilité dépend toutefois de la molécule.
Pourquoi le sémaglutide oral se prend-il chaque jour ?
Sa biodisponibilité est de 0,8 pour cent, et son absorption plus variable qu'après injection.
Sous-cutané ou intramusculaire ?
Dans l'étude sur l'HCG, les deux voies ont donné la même réponse hormonale, même si l'évolution des concentrations différait dans le temps.
Vendez-vous des peptides en gélules ?
Non. Tous les produits sont une poudre lyophilisée en flacon, à dissoudre.
D'où viennent ces informations
La comparaison des voies orale, sublinguale et nasale pour le GHRP-6 vient du Journal of Neuroendocrinology, 1999. L'absorption nasale chez le rat et les différences d'élimination viennent de Xenobiotica, 1998. La biodisponibilité du sémaglutide oral et les obstacles du tube digestif viennent d'une revue de la pharmacocinétique du sémaglutide parue en 2024. La comparaison entre HCG sous-cutanée et intramusculaire vient de Fertility and Sterility, 1991.
Sources
- Frieboes RM, Murck H, Antonijevic IA, Steiger A. Effects of growth hormone-releasing peptide-6 on the nocturnal secretion of GH, ACTH and cortisol and on the sleep EEG in man: role of routes of administration. Journal of Neuroendocrinology, 1999, 11(6): 473-478. https://doi.org/10.1046/j.1365-2826.1999.00364.x
- Johansen PB, Hansen KT, Andersen JV, Johansen NL. Pharmacokinetic evaluation of ipamorelin and other peptidyl growth hormone secretagogues with emphasis on nasal absorption. Xenobiotica, 1998, 28(11): 1083-1092. https://doi.org/10.1080/004982598238976
- Yang XD, Yang YY. Clinical Pharmacokinetics of Semaglutide: A Systematic Review. Drug Design, Development and Therapy, 2024, 18: 2555-2570. https://doi.org/10.2147/DDDT.S470826
- Saal W, Glowania HJ, Hengst W, Happ J. Pharmacodynamics and pharmacokinetics after subcutaneous and intramuscular injection of human chorionic gonadotropin. Fertility and Sterility, 1991, 56(2): 225-229. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1712735/
