La tésamoréline a réduit la quantité de graisse dans le foie de 37 pour cent en un an. Dans une étude de 2019, la graisse du foie est passée sous le seuil de la stéatose, soit 5 pour cent, chez 35 pour cent des personnes traitées, contre seulement 4 pour cent sous placebo. Les chercheurs ont aussi constaté qu'en un an la tésamoréline a stoppé la progression de la fibrose du foie. Une méta-analyse de cinq essais publiée en 2026 a confirmé une baisse de la graisse du foie de 4,28 points de pourcentage en moyenne. Toutes ces études ont été menées chez des personnes vivant avec le VIH, chez qui la stéatose hépatique est fréquente et plus sévère que chez les autres.
Qu'est-ce que la tésamoréline ?
La tésamoréline est un analogue de la GHRH, l'hormone par laquelle l'hypothalamus ordonne à l'hypophyse de libérer l'hormone de croissance. C'est le seul peptide de ce groupe autorisé comme médicament : aux États-Unis sous le nom d'Egrifta, pour réduire la graisse abdominale chez les personnes vivant avec le VIH. L'histoire de cette autorisation est décrite dans le guide expliquant pourquoi la tésamoréline est le seul analogue de la GHRH autorisé comme médicament.
La tésamoréline agit surtout sur la graisse viscérale, celle qui entoure les organes dans l'abdomen. La quantité perdue dans les études est décrite dans le guide sur ce qu'ont montré les études sur la tésamoréline et la graisse abdominale. Ce guide porte sur le foie.
Qu'a montré la première étude sur le foie ?
La première étude a été menée au Massachusetts General Hospital de Boston et publiée en 2014 dans le JAMA. Elle portait sur 50 personnes vivant avec le VIH et ayant un excès de graisse abdominale. Pendant 6 mois, elles ont reçu 2 mg de tésamoréline sous la peau une fois par jour ou un placebo.
| Ce qui a été mesuré | Tésamoréline | Placebo |
|---|---|---|
| Graisse viscérale | moins 34 cm² | plus 8 cm² |
| Graisse du foie, variation de la médiane | moins 2,0 pour cent | plus 0,9 pour cent |
| Glycémie à jeun après 6 mois | plus 4 mg/dl | plus 2 mg/dl |
L'écart de graisse du foie entre les groupes était de 2,9 points de pourcentage en faveur de la tésamoréline. La glycémie à jeun a un peu augmenté après 2 semaines, mais après 6 mois l'écart entre les groupes n'était plus significatif. Les auteurs ont vu dans ce résultat un encouragement à une étude plus longue.
Qu'a apporté un an de tésamoréline ?
L'étude plus longue a été publiée en 2019 dans le Lancet HIV. Elle portait sur 61 personnes vivant avec le VIH dont le foie contenait au moins 5 pour cent de graisse, ce qui correspond à une stéatose. Pendant 12 mois, elles ont reçu 2 mg de tésamoréline par jour ou un placebo, puis tout le monde a reçu de la tésamoréline pendant 6 mois.
- Graisse du foie : une baisse supérieure de 4,1 points de pourcentage à celle du placebo.
- Baisse relative : 37 pour cent par rapport au départ.
- Foie sous le seuil de stéatose : 35 pour cent des personnes traitées contre 4 pour cent sous placebo.
- Glycémie et hémoglobine glyquée : aucune différence entre les groupes après 12 mois.
- Effets indésirables : gênes plus fréquentes au point d'injection, aucun grave.
Une personne traitée sur trois a donc terminé l'année avec un foie qui ne remplissait plus le critère de stéatose à l'imagerie. Les auteurs d'un travail ultérieur ont qualifié la tésamoréline de premier traitement efficace contre la stéatose hépatique chez les personnes vivant avec le VIH.
La tésamoréline freine-t-elle la fibrose du foie ?
La fibrose est le remplacement progressif du tissu sain du foie par du tissu cicatriciel. Dans l'étude de 2019, des biopsies du foie ont été faites avant le traitement et après un an. Dans un travail ultérieur de 2020, les chercheurs ont conclu que la tésamoréline a réduit la graisse du foie et empêché la progression de la fibrose sur l'année.
Le même travail a examiné quels gènes du foie ont changé d'activité. La tésamoréline a renforcé les gènes liés à la respiration cellulaire dans les mitochondries. Elle a atténué les gènes de l'inflammation, de la réparation des tissus et de la division cellulaire. Ces changements allaient de pair avec un score plus favorable des gènes liés à la fibrose.
Les tests hépatiques s'améliorent-ils aussi ?
Oui, comme l'a montré une analyse de deux essais de phase 3 portant sur 806 personnes vivant avec le VIH et une obésité abdominale. Les chercheurs ont retenu les personnes dont les enzymes du foie étaient élevées, ALAT ou ASAT au-dessus de 30 unités par litre. Ils ont comparé celles chez qui la tésamoréline a réduit la graisse viscérale d'au moins 8 pour cent aux autres.
| Enzyme, variation sur 26 semaines | Forte baisse de la graisse viscérale | Faible baisse |
|---|---|---|
| ALAT | moins 8,9 U/l | plus 1,4 U/l |
| ASAT | moins 3,8 U/l | plus 0,4 U/l |
L'amélioration des enzymes s'est maintenue pendant 52 semaines, y compris chez les personnes passées sous placebo après 26 semaines. Leur graisse viscérale est en partie revenue, mais les enzymes sont restées meilleures.
Que dit la méta-analyse de 2026 ?
La méta-analyse a réuni cinq essais randomisés comparant la tésamoréline à un placebo chez des adultes vivant avec le VIH. Elle permet de juger l'effet sur un plus grand nombre de personnes qu'une seule étude.
| Résultat | Différence moyenne par rapport au placebo |
|---|---|
| Graisse du foie | moins 4,28 points de pourcentage |
| Graisse viscérale | moins 27,71 cm² |
| Graisse du tronc | moins 1,18 kg |
| Tour de taille | moins 1,61 cm |
| Masse maigre | plus 1,42 kg |
Les auteurs de la méta-analyse ont conclu que la tésamoréline améliore la composition corporelle, la graisse du foie et la masse maigre sans effet indésirable grave et sans perturber l'équilibre glycémique. Ils ont cité des douleurs articulaires et musculaires, des fourmillements et une rougeur au point d'injection.
Comment la tésamoréline se compare-t-elle aux médicaments GLP-1 ?
Le sémaglutide et le tirzépatide réduisent aussi la graisse du foie, avec une nette perte de poids. La tésamoréline agit autrement. Dans la méta-analyse de 2026, elle n'a pas modifié l'indice de masse corporelle de façon significative, mais elle a réduit la graisse viscérale et la graisse du foie. La masse maigre a même augmenté, la tésamoréline n'enlevait donc pas de muscle.
Les résultats des médicaments GLP-1 sont décrits dans le guide sur ce qu'ont montré les études sur le sémaglutide et le tirzépatide dans la stéatose hépatique. Jusqu'ici, la tésamoréline n'a été étudiée pour le foie que chez des personnes vivant avec le VIH. La tésamoréline vendue comme matériel de recherche n'est pas le médicament Egrifta.
Où acheter de la tésamoréline et combien coûte-t-elle ?
La boutique propose la tésamoréline 10 mg Genheal à 50 EUR, soit 5 EUR par milligramme, en stock. Le produit et les études sont réunis sur la page tésamoréline. Une comparaison avec les autres analogues de la GHRH figure dans le guide sermoréline, Mod GRF 1-29, CJC-1295 et tésamoréline dans un seul tableau. Les produits de la boutique sont du matériel de recherche en laboratoire, pas un médicament.
Questions fréquentes
La tésamoréline réduit-elle la graisse du foie ?
Oui, dans une étude de 2019, la tésamoréline a réduit la graisse du foie de 37 pour cent en un an, et chez 35 pour cent des personnes traitées elle est passée sous le seuil de la stéatose.
La tésamoréline agit-elle sur la fibrose du foie ?
Selon un travail de 2020 fondé sur des biopsies du foie, la tésamoréline a empêché la progression de la fibrose sur une année de traitement.
Quelle dose de tésamoréline a été utilisée dans les études sur le foie ?
Dans les études de 2014 et 2019, les participants ont reçu 2 mg de tésamoréline sous la peau une fois par jour, pendant 6 ou 12 mois.
La tésamoréline augmente-t-elle la glycémie ?
La glycémie à jeun a un peu augmenté après 2 semaines, mais après 6 et 12 mois elle ne différait pas du placebo. L'hémoglobine glyquée n'a pas changé non plus.
Combien coûte la tésamoréline dans la boutique ?
La tésamoréline 10 mg Genheal coûte 50 EUR, soit 5 EUR par milligramme, et elle est en stock.
Sources
- Stanley TL, Feldpausch MN, Oh J et al. Effect of tesamorelin on visceral fat and liver fat in HIV-infected patients with abdominal fat accumulation: a randomized clinical trial. JAMA, 2014, 312(4): 380-389. https://doi.org/10.1001/jama.2014.8334
- Stanley TL, Fourman LT, Feldpausch MN et al. Effects of tesamorelin on non-alcoholic fatty liver disease in HIV: a randomised, double-blind, multicentre trial. Lancet HIV, 2019, 6(12): e821-e830. https://doi.org/10.1016/S2352-3018(19)30338-8
- Fourman LT, Billingsley JM, Agyapong G et al. Effects of tesamorelin on hepatic transcriptomic signatures in HIV-associated NAFLD. JCI Insight, 2020, 5(16): e140134. https://doi.org/10.1172/jci.insight.140134
- Fourman LT, Czerwonka N, Feldpausch MN et al. Visceral fat reduction with tesamorelin is associated with improved liver enzymes in HIV. AIDS, 2017, 31(16): 2253-2259. https://doi.org/10.1097/QAD.0000000000001614
- Badran AS, Helal A, Shata KS, Ayesh H. Body composition, hepatic fat, metabolic, and safety outcomes of tesamorelin, a GHRH analogue, in HIV-associated lipodystrophy: a meta-analysis of randomized controlled trials. Obesity Research and Clinical Practice, 2026, 20(1): 2-12. https://doi.org/10.1016/j.orcp.2026.01.002
